Édifice religieux · Allonne (Oise)

Eglise de Notre-Dame de l'Annonciation — Allonne

Moyen ÂgeRenaissance📍 Position confirmée
Photo : Chatsam · CC BY-SA 3.0

En 1605, deux chanoines, Le Roi et Dodu, demandent qu'on blanchisse un mur de leur église. Il portait une danse macabre. Une danse macabre, c'est une ronde où les morts emmènent les vivants sans regarder leur rang — le pape avec le paysan. De celle-là, on ne sait rien de plus que son nom : on a gardé l'ordre, pas le motif.

La vraie question n'est donc pas ce que le mur montrait. C'est pourquoi deux hommes d'Église, ce jour-là, ont voulu que ça cesse d'être vu. L'église était achevée depuis un demi-siècle et n'avait presque pas bougé. La seule chose qu'on lui ait retirée, c'est une image.

Ce n'était pas non plus une paroisse anonyme. Le chapitre de la cathédrale de Beauvais y nommait le curé, et le clergé de la cathédrale montait ici en procession chaque année, le jour de l'Annonciation. Le mur qu'on a blanchi était un mur qu'on regardait.

On entre toujours par le portail de l'ouest, on marche sur les carreaux d'Auneuil posés au milieu du XIXe siècle, dont les dessins reprennent ceux de Lassus pour la Sainte-Chapelle. Les statues de marbre sont classées, le retable aussi. Et le mur que Le Roi et Dodu ont fait blanchir est toujours debout. Personne n'a écrit lequel.

Anecdotes

Sous la Terreur, un tableau de l'Annonciation aurait échappé au feu en changeant de nom.

Selon un article du docteur René Parmentier publié en 1921 dans le Bulletin monumental, un tableau de l'Annonciation ornant l'église d'Allonne manqua d'être brûlé sous la Terreur. Il fut présenté aux autorités révolutionnaires non comme un hommage à la Vierge, mais comme un hommage à la déesse Raison — et il fut épargné. L'article indique qu'il est resté dans le mobilier de l'église. — R. Parmentier, Bulletin monumental, 1921 (Persée)

En 1550, quatre poutres empêchaient de voûter la nef ; on a signé quand même.

Le 18 mai 1550, les marguilliers d'Allonne passent marché avec Louis Poullain, maître charpentier à Beauvais : il fournira les cintres de bois et les déplacera au fur et à mesure du chantier, qui porte sur quatre voûtes, trois arcs-doubleaux et cinq verrières. Les maçonneries reviennent à Antoine Chéniau dit Daguien et à Jean Larsillon, tailleurs de pierre. Le contrat leur donne deux ans. Il mentionne aussi quatre poutres en place qui empêchent de voûter — le vaisseau, à cette date, n'avait donc pas encore de voûtes. — Wikipédia FR, d'après le marché notarié du 18 mai 1550

Connexions

Louis Poullain
maître charpentier à Beauvais, chargé par marché notarié du 18 mai 1550 de la reconstruction des voûtes de la nef gothique
Jean-Baptiste Lassus
architecte, ses motifs dessinés pour la Sainte-Chapelle de Paris sont repris sur le dallage de l'église en 1865
Chanoines d'Allonne
firent effacer une fresque de danse macabre sur les murs de l'église en 1605
Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais (chapitre)
son clergé processionnait chaque année jusqu'à Allonne le jour de l'Annonciation, jusqu'à la Révolution

Galerie

Infos pratiques

  • CommuneAllonne, département de l'Oise (60)
  • Protectionclassé MH
  • Localisation📍 Position confirmée

Sources & pour aller plus loin

eglisesdeloise.com · passionné

Le site détaille le double vaisseau : chœur roman du XIIe siècle flanqué au nord d'une nef gothique flamboyante des XIIIe-XVIe siècles, avec chapiteaux à volutes et corniche beauvaisine. Le clocher fut classé dès 1862, précédant le classement de l'édifice entier en 2006 ; une riche iconothèque de clichés 1970-1997 documente l'état du bâti avant restaurations.

Wikipédia FR · wikipedia

Un marché notarié du 18 mai 1550 confié à Louis Poullain, maître charpentier à Beauvais, documente la reconstruction des voûtes de la nef gothique. En 1605, une fresque de danse macabre fut effacée sur ordre des chanoines, et le dallage de 1865 en carreaux d'Auneuil reprend des motifs dessinés par Lassus pour la Sainte-Chapelle de Paris.

Persée (Bulletin Monumental, 1921) · institutionnel

Un article savant de 1921 du Dr René Parmentier révèle que la paroisse dépendait du doyenné de Monchy et que le chapitre de la cathédrale de Beauvais détenait le droit de présentation du curé. En 1740, la paroisse comptait environ un millier de communiants pour un revenu curial de 400 livres.

Sources & attribution

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