Édifice religieux · Amblainville (Oise)

Eglise Saint-Martin — Amblainville

Moyen ÂgeRenaissance📍 Position confirmée
Photo : Chatsam · Public domain

L'abbé Eugène Barret a passé seize ans à décorer son église. Ce qu'il a construit en dernier est la seule chose que l'État ait refusé de protéger.

Il arrive à Amblainville en 1876. L'année suivante, le curé et le maire écrivent ensemble au ministère du Culte : l'église menace ruine, il faut faire vite. Barret n'attend pas la réponse. Il quête auprès de ses paroissiens et trouve une veuve, Joséphine Henriette Rousselle, qui paiera l'essentiel. La paroisse lui posera une plaque de remerciement dans la chapelle de la Vierge, de son vivant.

Alors il remplit l'église. Une chaire montée jusqu'en haut de la nef, posée sur quatre livres couchés sur la tranche : le beau, la raison, la nature, la religion. Un confessionnal gravé des Dix Commandements, surmonté de trois têtes — un démon, le roi David, Bethsabée. Quatorze stations du chemin de croix en bas-relief, une douzaine de prophètes debout le long des murs, des écussons partout.

Sa dernière idée est une grotte. Il fait monter en rocaille une copie de la grotte de Lourdes, qui prend presque tout le bas-côté nord.

Quand l'État classe l'église, il classe tout — sauf la grotte. On envisage même de l'abattre.

Elle est toujours là. Des habitants réunis en association l'ont remise en état, et le reste du décor de Barret a fini protégé à son tour. Poussez la porte : la nef a mille ans, et tout ce qu'on y voit vient d'un curé de campagne qui n'a pas attendu la permission. La seule chose qu'on ait voulu abattre est celle que le village a relevée.

Anecdotes

Le carrelage raconte peut-être un tournoi tenu à quelques centaines de mètres, en 1493

Le pavement du XIXe siècle, sorti de la faïencerie d'Auneuil, est semé de cavaliers, d'animaux et de fleurs de lys. Selon Catherine Rigollet (L'Agora des arts), ces motifs de chasse et de tournoi pourraient renvoyer au Pas des armes de Sandricourt, joute de chevalerie tenue en septembre 1493 à quelques centaines de mètres de l'église. — L'Agora des arts — Catherine Rigollet

Une copie du Corrège, signée d'une copiste réputée, a disparu de l'église

Selon L'Agora des arts, plusieurs statues et bas-reliefs ont disparu de Saint-Martin, ainsi que l'ornementation qui se dressait au-dessus du maître-autel. Reste introuvable un « Mariage mystique de sainte Catherine devant saint Sébastien », copie du tableau peint par le Corrège en 1526-1527, exécutée au XIXe siècle par la copiste Amélie Lecointe. — L'Agora des arts — Catherine Rigollet

Connexions

Eugène Barret
abbé, a financé et fait exécuter le décor néogothique intérieur (1876-1893)
Joseph Marçais
sculpteur, a réalisé le décor néogothique
Charles Lévêque
peintre-verrier, a collaboré au décor néogothique
Ade de Moussy
seigneur, a donné l'église à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise (1104)
Louis IX (Saint Louis)
légende locale — y aurait rendu justice

Infos pratiques

  • CommuneAmblainville, département de l'Oise (60)
  • Protectionclassé MH
  • Localisation📍 Position confirmée

Sources & pour aller plus loin

eglisesdeloise.com · passionné

Le site révèle qu'avant le 19e siècle, la nef romane du 11e siècle n'avait pas de bas-côtés — ajoutés seulement ensuite — et que l'appareil en arêtes de poisson de la maçonnerie témoigne de la construction primitive. Il détaille aussi la chapelle Renaissance sud, avec ses clefs de voûte armoriées et son enfeu seigneurial du 16e siècle.

lagoradesarts.fr · passionné

Ce blog de passionné détaille le décor néogothique extravagant commandé par l'abbé Eugène Barret à la fin du 19e siècle : une chaire monumentale portée par quatre livres symbolisant les sciences, un confessionnal gravé des Dix Commandements orné de têtes sculptées, et une grotte de Lourdes en rocaille occupant tout le bas-côté nord. Les sculpteurs Joseph Marçais et le peintre-verrier beauvaisien Charles Lévêque y ont collaboré.

amblainville.fr (mairie) · mairie

La mairie précise qu'un ouvrage consacré à l'histoire de l'église est disponible en mairie, à la bibliothèque municipale et à l'office de tourisme de Méru (6€), et propose deux photographies contemporaines créditées au photographe Lionel Pagès, distinctes de la photo Commons existante.

Sources & attribution

Une correction, une photo, une anecdote sur cette trace ?

Contribuer