Eglise — Angicourt
En 1886, un état des lieux décrit l'église d'Angicourt de l'intérieur : l'eau est montée dans les murs jusqu'à hauteur des chapiteaux, les voûtes se désagrègent, les arcs-boutants menacent de s'écrouler. Personne n'y donnera suite pendant vingt et un ans.
Le bâtiment est pourtant protégé. Il figure sur la liste des monuments historiques depuis 1862, le rang le plus haut que l'État sache accorder. Classée et laissée à la ruine : les deux à la fois.
Le mal vient du sol. Pour entrer dans cette église, il faut descendre quelques marches : la terre du dehors est plus haute que le seuil. L'eau passe par le bas et ne repart pas.
L'architecte en chef des monuments historiques H. Chaine n'engage les premiers travaux qu'en 1907 — les charpentes, les couvertures, les arcs-boutants. Neuf ans plus tard, la guerre abîme ce qu'il vient de réparer.
On descend toujours les mêmes marches. Et quand on lève les yeux, la nef porte deux voûtes sexpartites, chacune divisée en six quartiers au lieu de quatre — ce qui ne se voit presque jamais dans une église de village. C'est ce que le rapport de 1886 donnait pour perdu.
Anecdotes
Le village avait été offert à un saint ; ses propres moines l'ont troqué
En 537, Clotaire Ier donne Angicourt et Bailleval à Vaast, son évêque, en remerciement de ses conseils. Vaast meurt trois ans plus tard ; quand les Normands remontent les rivières, on met son corps à l'abri dans l'église d'Angicourt, qui était dédiée à saint Étienne et qui prend alors le nom du saint. En 1024, l'abbaye Saint-Vaast d'Arras cède la seigneurie à l'abbaye de Jumièges : ce qu'elle veut, en réalité, c'est le prieuré d'Haspres près de Cambrai, et Angicourt sert d'appoint. Jumièges comprend vite qu'elle a payé trop cher et cherche à rendre le village. Il lui faudra une cinquantaine d'années pour y parvenir. — Wikipédia FR
Le Christ Juge peint sur le mur a disparu
La notice Mérimée signale que l'église possédait jadis des vestiges de peintures murales du XIIIe siècle : un Christ Juge, et un saint évêque en qui l'on croyait reconnaître saint Vaast. Le mobilier médiéval conservé — une cuve baptismale du XIIe siècle, un autel de la même époque, une statue dite de saint Louis — n'en garde aucune trace. — Base Mérimée (raw_matter du calibrage)
Connexions
Infos pratiques
- CommuneAngicourt, département de l'Oise (60)
- Protectionclassé MH
- Localisation📍 Position confirmée
Sources & pour aller plus loin
Le site détaille les deux campagnes de construction gothique : le chœur au chevet plat vers 1160-1170 inspiré des cathédrales de Paris et Senlis, puis la nef aux voûtes sexpartites à la fin du 12e siècle. Il signale des fonts baptismaux du 12e siècle et une statue en pierre du 13e siècle représentant peut-être saint Louis.
L'article précise que la seconde campagne de restauration (1920-1938), consécutive aux dommages de la Première Guerre mondiale de 1916, fut menée sous la direction de l'architecte en chef des monuments historiques A. Collin, portant sur les murs, les voûtes, le rejointoiement et l'humidité du clocher. Il rapporte aussi la légende de 537 : Clotaire Ier offrant Angicourt à saint Vaast, dont le corps y fut ensuite mis à l'abri.
Sources & attribution
- Base Mérimée (POP), ministère de la Culture — Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)
- Wikipédia
- research-portal.st-andrews.ac.uk
- Wikipédia
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