Oppidum gaulois et camp de César — Bailleul-sur-Thérain
Les Bellovaques avaient un oppidum, Bratuspantium. Le docteur Victor Leblond a soutenu qu'il était ici ; la notice de protection du site le place ailleurs.
Leblond préside alors la Société académique de l'Oise. En 1909, il désigne cette butte calcaire qui domine le Thérain et ses marais. La notice, elle, range Bratuspantium dans une liste de camps voisins. Les deux se contredisent. Personne n'a tranché depuis.
Le sol a pourtant beaucoup parlé. On y fouille dès le XVIIIe siècle. En 1878, Isidore Berton en tire des monnaies gauloises et des objets romains : les Gaulois avaient fortifié la hauteur, les Romains y ont posé un camp dès la conquête.
Mais le sommet, lui, n'a jamais été ouvert. Les paysans font monter leurs cultures toujours plus haut sur les contre-pentes du sud, et s'arrêtent avant le haut : la terre y est trop bouleversée par les fortifications gauloises pour qu'on la travaille. Deux mille ans après, le rempart tient encore. Contre la charrue.
Ce qu'il protège, c'est de l'herbe. Le coteau n'a jamais servi qu'au pâturage, de mémoire d'homme, et c'est aujourd'hui l'un des larris picards les mieux conservés : pelouse rase sur sol sec et pauvre, où poussent l'orchis militaire, l'orchis pyramidal, l'ophrys abeille et le limodore à feuilles avortées. Un sentier monte jusqu'à la statue de Notre-Dame du Mont-César. De là-haut, on voit toute la vallée. Sous vos pieds, la réponse est toujours là.
Anecdotes
Ce qui menace le sommet aujourd'hui, ce n'est plus la charrue : ce sont les arbres.
Les larris — ces pelouses rases sur calcaire, en picard — ne tiennent que si rien ne pousse par-dessus. Au mont César, la plus grande partie de la colline est désormais boisée, et l'embroussaillement gagne sur ce qui reste d'herbe. C'est le Conservatoire des sites naturels de Picardie qui gère le site avec la commune, dans le périmètre Natura 2000 du massif de Hez-Froidmont, classé en mars 1999 sur 852 hectares. Le rempart gaulois avait arrêté la charrue ; il n'arrête pas les arbres. — Wikipédia / Natura 2000 FR2200377
Connexions
Infos pratiques
- CommuneBailleul-sur-Thérain, département de l'Oise (60)
- Protectioninscrit MH
- Localisation📍 Position confirmée
Sources & pour aller plus loin
L'article situe l'oppidum sur une colline de 138 m dominant la rive gauche du Thérain au hameau de Froidmont, occupée dès l'âge du bronze puis place forte des Bellovaques avant l'installation d'un camp militaire romain dès la conquête. Fouillé dès le 18e siècle puis en 1878 par Isidore Berton, qui y découvrit monnaies gauloises et objets romains, le site longtemps pillé conserve des vestiges de remparts, du fossé et d'une porte au nord ; il a été inscrit monument historique en 1979.
La page communale documente la toponymie ancienne du lieu — « Fraimundi lucus » en 870, puis « Frigidus mons » devenu Froidmont — et rapporte la tradition rattachant la colline aux commentaires de Jules César à propos de la navigation sur le Thérain.
Persée référence l'étude archéologique et historique de M. Renet consacrée à l'oppidum gaulois et au camp romain du Mont-César, qualifié de célèbre dans la notice bibliographique. Le texte intégral (PDF librement consultable) constitue la référence savante ancienne du site, gisement de faits d'érudition à dépouiller.
Sources & attribution
- Base Mérimée (POP), ministère de la Culture — Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)
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