Château & manoir · Beaurepaire (Oise)

Château — Beaurepaire

RenaissanceAncien RégimeXIXe siècle📍 Position confirmée
Photo : P.poschadel · CC BY-SA 3.0

En 1508, un chanoine achète un tas de pierres au bord de l'Oise. Adrien de Hénencourt appartient au chapitre de la cathédrale d'Amiens : ce n'est pas un homme de guerre, et ce qu'il vient d'acheter est une place forte. La guerre de Cent Ans et les jacqueries l'ont ruinée.

La maison avait commencé comme une part de terres, détachée par un seigneur de Pont pour établir son fils Colart. On l'avait bâtie pour tenir : un terre-plein muraillé, de larges douves en eau, sur la frontière de l'Île-de-France et de la Picardie — la route des invasions.

Le chanoine la relève. Il rebâtit le logis nord autour de ce qui tenait encore de la forteresse — la cave voûtée, l'escalier à vis en briques plates, la poterne — et fait élever une chapelle.

Vers 1530, il passe le tout à son neveu, Charles de Lameth. Depuis, le château n'a jamais été vendu. Ni vente ni marchand : héritage, mariage, cousinage. Quatre noms s'y sont succédé — les Lameth, les La Grange, les Curnieu, les Luppé, qui l'habitent toujours.

La chapelle du chanoine, elle, a fini par appartenir à tout le monde : c'est aujourd'hui l'église paroissiale du village. Quant à la grosse tour octogonale de la cour, datée de 1577, elle est longtemps restée seule dans son coin, à servir de pigeonnier. On l'a rattachée au château en 1901. Il aura fallu quatre siècles pour qu'elle entre dans la famille.

Anecdotes

En creusant les fondations du bâtiment neuf, on a trouvé des pierres qui attendaient depuis des siècles.

Les maçons qui ont bâti l'aile reliant la tour au château ont mis au jour, sous le sol, des pierres d'attente : des blocs taillés et laissés en saillie pour accrocher une construction à venir. Elle n'est jamais venue. Quelqu'un, des siècles plus tôt, avait prévu de continuer là et s'est arrêté — on ignore pourquoi. Les pierres, elles, avaient tenu leur place. — Notice Mérimée, ministère de la Culture

Connexions

Famille de Pont
a créé la seigneurie de Beaurepaire au XIIIe siècle en la détachant de celle de Pont-Sainte-Maxence
Mauroy de Saint-Ligier
a reconstruit une aile du château en 1425, après les dégradations de la guerre
Adrien de Hénencourt
a restauré le château entre 1508 et 1519
Famille de Lameth
a remanié l'ensemble des constructions, façade comprise, entre 1577 et 1614

Infos pratiques

  • CommuneBeaurepaire, département de l'Oise (60)
  • Datation16e siècle
  • Protectioninscrit MH partiellement
  • Localisation📍 Position confirmée

Sources & pour aller plus loin

Wikipédia FR · wikipedia

L'article rattache la seigneurie à la famille de Pont, qui la créa au milieu du 13e siècle en démembrant sa seigneurie de Pont-Sainte-Maxence pour doter un fils cadet ; du château médiéval ne subsistent guère qu'une cave et un escalier en vis. Le logis actuel en pierre de Verneuil, posé sur une plate-forme entourée de douves en eau, associe une partie Renaissance (1500-1507) à un ensemble du début du 17e siècle (1600-1610), avec une tour octogonale datée 1577 dont le couvrement, refait deux fois entre 1871 et 1884, a pris la forme d'un dôme.

paysdhalatte.over-blog.com (En Pays d'Halatte) · passionné

Ce blog de passionné retrace la succession des propriétaires — de Pont, Saint-Ligier, Picquigny, Henancourt, Lameth, Courtenay, Le Lièvre, aujourd'hui les Luppé — et attribue l'église voisine Saint-Hubert (~1510) à Adrien de Henancourt. Il précise que la toiture en ardoise fut refaite entre 1982 et 1992, que la mairie de Beaurepaire occupe une partie des lieux et que le château ne se visite qu'aux Journées du patrimoine.

Sources & attribution

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