Remparts gallo-romains — Beauvais
Un mur de quatorze mètres de haut a disparu au milieu de Beauvais, et personne ne l'a cherché.
Il est là depuis le début du IVe siècle. Les peuples du nord poussent sur la Gaule, et la cité de Caesaromagus — « le marché de César » — se ferme derrière sa muraille.
Puis on bâtit contre lui. L'enceinte enferme désormais la cathédrale et le palais de l'évêque, et les maisons de chanoines viennent s'appuyer sur la pierre romaine, d'un côté puis de l'autre. Chaque génération en ajoute, et le mur se voit un peu moins. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, elles sont si serrées que le rempart n'est plus visible. Quasiment oublié, dit la Ville de Beauvais.
En 1940, les bombes emportent le centre. Les maisons tombent. Le mur, lui, tient. Sous les décombres réapparaissent, au droit du chevet de la cathédrale, une tour semi-circulaire, et un pan de maçonnerie le long de la rue du Musée. La notice de protection les désigne encore par ces mots : vestiges mis au jour par les bombardements. Ils sont inscrits le 22 décembre 1941, en pleine Occupation, dans une ville en ruine.
On aurait pu les recouvrir une seconde fois. C'est l'inverse qui est décidé : le rempart est entièrement dégagé, et le quartier neuf du Quadrilatère se construit autour de lui. Rue Philippe-de-Dreux, la tour de l'Aurore et la tour Leuillier sont debout. Elles n'avaient pas bougé. C'est la ville qui les avait perdues de vue.
Anecdotes
Un pan de rempart romain se visite à l'intérieur d'un musée de tapisserie.
Tout le rempart n'a pas attendu les bombes pour être reconnu : la section conservée dans l'ancien évêché figure sur la liste des monuments historiques de 1889. Le bâtiment abrite aujourd'hui la Galerie nationale de la Tapisserie. On y regarde des tentures adossées au plus ancien monument de la ville, vieux de dix-sept siècles. — Villes et Pays d'art et d'histoire Hauts-de-France / Ville de Beauvais
Connexions
Infos pratiques
- CommuneBeauvais, département de l'Oise (60)
- Protectionclassé MH partiellement;inscrit MH partiellement;protection totale
- Localisation📍 Position confirmée
Sources & pour aller plus loin
La fiche VPAH date l'enceinte de la fin du 3e-début du 4e siècle, élevée face aux incursions barbares : 1 370 m de long, épaisseur moyenne de 2,50 m, flanquée de 18 tours dont les tours de l'Aurore et Leuillier, toujours visibles rue Philippe-de-Dreux. Elle souligne qu'après la destruction de Beauvais en 1940, le plan de reconstruction a entièrement dégagé le rempart pour l'intégrer à l'architecture moderne du Quadrilatère.
Lire sur vpah-hauts-de-france.fr (Villes et Pays d'art et d'histoire) · 3 photos © JF. Bouché / Ville de Beauvais (VPAH souvent Etalab mais crédit ambigu ici), lien seulement
L'article replace l'enceinte dans l'histoire de Caesaromagus : la ville ouverte fut détruite par les invasions vers 275, puis reconstruite au 4e siècle derrière un castrum rectangulaire d'environ 260 × 400 m ne protégeant plus que 10 hectares. Ce réduit fortifié délimita ensuite la cité épiscopale médiévale, cœur politique et religieux de Beauvais.
Cet article savant de 1991 présente la topographie et la chronologie du site archéologique de Beauvais, cadre scientifique de référence pour situer le rempart antique dans l'évolution urbaine ; texte intégral librement consultable, utile pour des faits d'érudition introuvables ailleurs.
Sources & attribution
- Base Mérimée (POP), ministère de la Culture — Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)
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