Édifice religieux · Breteuil (Oise)

Ancienne abbaye Notre-Dame de Breteuil

Moyen ÂgeRenaissanceAncien Régime📍 Position confirmée
Photo : Scanné par Claude Shoshany · Public domain

Un compagnon d'armes de Jeanne d'Arc a brûlé l'abbaye de Breteuil. Pas les Anglais : La Hire — Étienne de Vignolles, le capitaine gascon du camp français. Ses hommes occupaient la ville pendant la guerre de Cent Ans ; en repartant, ils ont mis le feu.

Les moines connaissaient déjà le chemin de la fuite. Deux fois ils avaient chargé leurs reliques pour gagner leur maison d'Amiens : devant les bandes de Charles de Navarre, puis pendant la guerre entre Armagnacs et Bourguignons. Cette fois, ils n'ont plus de maison où revenir. Les décennies passent et rien ne se relève. En 1476, quand les troupes de Charles le Téméraire traversent encore la région, l'abbaye est toujours à terre.

C'est alors que les moines obtiennent du pape une permission singulière : accorder des indulgences à qui versera une aumône en venant visiter leurs ruines. Et les visiteurs viennent. Ils paient pour regarder des pierres noircies, et repartent avec le pardon. La reconstruction commence avec cet argent-là. La ruine s'est payée elle-même.

Il faudra encore multiplier les procès pour reprendre les terres et les droits perdus. Aujourd'hui la chapelle de l'abbé tient debout, avec son pavement de terre cuite émaillée et ses clefs de voûte sculptées, et les caves voûtées d'ogives sous le logis. De l'église abbatiale, rien : détruite après la Révolution, elle n'est plus qu'un sol, protégé comme tel. L'église que la ruine avait payée a fini en ruine à son tour — et dans le dernier bâtiment des moines, on soigne des convalescents depuis les années 1950.

Anecdotes

Les reliques de l'abbaye ont d'abord été le prix d'un service militaire.

En 1052, l'évêque du Mans Gervais de Bellême remet à son cousin Gilduin, seigneur de Breteuil, les reliques de saint Constancien — non par dévotion, mais pour payer l'appui militaire de Gilduin contre le comte du Maine. Gilduin les donne à l'abbaye, qui les enferme dans des châsses et en fait un but de pèlerinage. Ce sont ces mêmes reliques que les moines chargeront deux fois sur des charrettes, trois siècles plus tard, pour les mettre à l'abri à Amiens. — Wikipédia

Un roi d'Angleterre en fuite s'arrête ici un matin de janvier.

Le 6 janvier 1689, Jacques II d'Angleterre passe par l'abbaye de Breteuil. Il vient de perdre son trône dans la Glorieuse Révolution et fuit son pays pour rejoindre Paris. Quarante ans plus tôt, c'était Louis XIV et la régente Anne d'Autriche qui y avaient passé la nuit, au retour d'Amiens : sur la route du nord, l'abbaye servait d'étape aux rois, qu'ils montent ou qu'ils tombent. — Wikipédia

Connexions

Étienne de Vignolles, dit La Hire
ses troupes ont incendié l'abbaye pendant la guerre de Cent Ans
Raoul Ier de Clermont
a financé la construction de l'abbatiale romane, consacrée en 1164

Galerie

Infos pratiques

  • CommuneBreteuil, département de l'Oise (60)
  • Datation18e siècle
  • Protectionclassé MH partiellement;inscrit MH partiellement;protection partielle
  • Localisation📍 Position confirmée

Sources & pour aller plus loin

Wikipédia FR · wikipedia

L'article précise que Raoul Ier de Clermont finança la construction de l'abbatiale romane consacrée en 1164, et liste plusieurs abbés commendataires prestigieux, dont Jean du Bellay et Hippolyte d'Este. Il détaille que le logis abbatial à deux tours fut reconstruit entre 1498 et 1527, et que les bâtiments accueillent depuis les années 1950 une maison de convalescence appelée « L'Oasis ».

eglisesdeloise.com · passionné

Le site date précisément la chapelle de l'abbé entre 1291 et 1308 sous l'abbatiat de Werric, et signale son rare pavage en terre cuite émaillée du XIVe siècle ainsi que ses douze culs-de-lampe sculptés de motifs végétaux, de saints et de processions. Il précise que l'abbaye est classée MH depuis 1883 et inscrite depuis 1996.

ville-breteuil.fr (mairie) · mairie

La mairie précise qu'un programme de reconstruction du logis abbatial s'est déroulé de 1777 à 1790, juste avant la vente de l'abbaye comme bien national en 1796, et qu'elle abrite aujourd'hui à la fois un établissement médical et le siège de la Communauté de communes de l'Oise picarde. Elle relie le site à un autre patrimoine local, la maison d'Hippolyte Bayard, pionnier de la photographie né à Breteuil.

Sources & attribution

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