Abbaye Notre-Dame d'Ourscamp — Chiry-Ourscamps
L'abbaye d'Ourscamp a échappé aux démolisseurs de la Révolution parce que personne n'avait les moyens de l'acheter. Ce sont les amateurs de belles ruines qui l'ont abattue.
Elle devait partir comme bien national et finir en carrière de pierre, comme tant d'autres abbayes. Les acquéreurs n'ont pas réussi à réunir la somme. L'église est restée debout. On y a mis un hôpital militaire.
En 1798, un financier de l'Ancien Régime achète le domaine : Maximilien Radix de Sainte-Foix, soixante-deux ans. On raconte qu'il fit abattre la nef de l'abbatiale pour se composer un paysage romantique — le goût du moment voulait des ruines dans les parcs. Il refait la façade des bâtiments, qui deviennent « le château ». L'ours sculpté sur le fronton, c'est lui.
De sorte que le chœur à ciel ouvert que tout le monde photographie aujourd'hui n'est pas exactement une blessure de l'Histoire. C'est une composition. La ruine la plus célèbre de l'Oise a été dessinée par un homme qui trouvait cela joli.
On le raconte, on ne le prouve pas. Ce qui est certain, c'est que la nef a disparu et que le chœur est resté. Et qu'à quelques pas de là, la salle des morts, elle, n'a pas été touchée du tout.
Anecdotes
Cent lits, et une niche creusée dans le mur à la tête de chacun
L'infirmerie médiévale de l'abbaye s'appelle la salle des morts. C'est un vaisseau de cinquante mètres, trois nefs, neuf travées voûtées d'ogives, qui passe pour la seule infirmerie gothique cistercienne intacte de France. Elle comptait cent lits. À la tête de chacun, une niche avait été creusée dans le mur pour que le malade y range ses affaires. Les niches sont toujours là. — Wikipédia FR (recoupé par eglisesdeloise.com — Dominique Vermand)
En 1915, l'artillerie française bombarde l'abbaye pour en déloger les Allemands
Pendant la Première Guerre mondiale, l'abbaye est occupée par les troupes allemandes. En février 1915, ce sont les Français qui la bombardent. Un siècle plus tôt, en 1823, le domaine avait été racheté pour être transformé en filature de coton — l'ancienne abbaye cistercienne tournait alors au rythme des métiers à tisser. — Wikipédia FR
Connexions
Galerie
Infos pratiques
- CommuneChiry-Ourscamps, département de l'Oise (60)
- Datation12e–13e siècle
- Protectionclassé MH
- Localisation📍 Position confirmée
Sources & pour aller plus loin
Fondée en 1129 par saint Bernard et douze moines venus de Clairvaux à la demande de Simon de Vermandois, évêque de Noyon, l'abbaye occupe le site d'un oratoire établi par saint Éloi en 641 — son nom viendrait de la légende de l'ours que le saint aurait attelé à la charrue à la place d'un bœuf tué. Pillée et incendiée pendant la Grande Jacquerie de 1358 puis vidée de ses moines en 1792, elle vit sa nef démolie vers 1798 par Radix de Sainte-Foix pour créer une ruine romantique. Rachetée en 1940 par le comte Paul Biver, elle abrite depuis 1943 les Serviteurs de Jésus et de Marie.
La fiche de Dominique Vermand détaille la seconde église abbatiale, commencée en 1154 grâce au don d'Ode de Roye et consacrée en 1201, puis le chœur gothique bâti de 1232 à 1257 avec déambulatoire à cinq chapelles rayonnantes pentagonales. Elle décrit la « salle des morts » (infirmerie du XIIIe siècle), vaisseau de 50 mètres à trois nefs et neuf travées, précise qu'en 1358 la communauté comptait 120 moines de chœur et 80 convers, et signale les stalles Louis XIII restaurées en 2008.
Lire sur eglisesdeloise.com · 1 photo © Dominique Vermand et gravures de Tavernier de Jonquières (BnF) — lien seulement, matière pour l'accord de partenariat
Fondée en 1129 par douze moines cisterciens venus de Clairvaux sur un oratoire de saint Éloi datant de 641, l'abbaye tire son nom d'une légende où le saint aurait attelé un ours pour remplacer un bœuf tué au labour. Pillée et brûlée lors de la Grande Jacquerie de 1358, elle vit sa nef démolie vers 1798 par l'acquéreur Radix de Sainte-Foix pour créer un décor romantique. Depuis 1941-1943, les Serviteurs de Jésus et Marie l'occupent ; dix-sept frères y résidaient en 2022 et y proposent des retraites.
Sources & attribution
- Base Mérimée (POP), ministère de la Culture — Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)
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