Édifice religieux · Compiègne (Oise)

Chapelle Sainte-Corneille, dans la forêt de Compiègne

Moyen ÂgeRenaissance📍 Position confirmée
Photo : JM BACCIOCHINI · CC BY-SA 3.0

Alexandre Dumas s'enfonce dans la forêt de Compiègne pour y écrire une tragédie sur Caligula. Il s'installe dans la maison de garde de Saint-Corneille-aux-Bois, adossée à une chapelle du Moyen Âge, avec le peintre Louis Boulanger pour toute compagnie — c'est ce que rapportent la Société historique de Compiègne et les éditions Alexandrines. Ce qui l'attend, la bibliothèque numérique des Hauts-de-France le résume en trois mots : « un échec cuisant ».

L'année d'avant, en 1836, il avait été invité un mois au camp militaire de Compiègne. Dumas avait accepté, mais posé sa condition : « loger partout ailleurs qu'au château afin de garder mon indépendance absolue ». Il était descendu à l'hôtel de la Cloche et de la Bouteille. Cette fois, il ne s'arrête pas en ville, il va jusqu'aux bois. Et c'est là, dans une maison de forestier, entre les arbres, qu'il écrit sa tragédie romaine : cinq actes en vers, précédés d'un prologue.

La première a lieu le 26 décembre 1837, à la Comédie-Française. Vingt représentations pour la saison, dit son répertoire.

La maison où il a travaillé a été refaite après lui : Viollet-le-Duc l'a fait restaurer en 1864, et un forestier y vit toujours. Seule la chapelle d'à côté date de la fondation : on l'a bâtie en 1164, et les moines lui avaient adossé une maison pour coucher les pèlerins et les voyageurs qui traversaient les bois. Le lieu a fini par héberger un écrivain qui cherchait surtout la paix. On tombe dessus au détour d'un chemin. L'échec, lui, est resté à Paris.

Anecdotes

La halte des pèlerins est devenue un rendez-vous de chasse — et la messe du dimanche a continué, pour les gardes forestiers.

En 1539, François Ier convertit l'ensemble en rendez-vous de vènerie : un pavillon d'écuries, une grange, une clôture de grosses murailles, le tout donné à l'abbé de Saint-Corneille. La chapelle, elle, ne ferme pas. On y dit toujours la messe le dimanche, désormais pour les gardes forestiers. Deux siècles plus tard, l'état des lieux dressé le 4 janvier 1749 montre le domaine à bout : les deux tiers du mur du jardin éboulés, les vitres de la chapelle à refaire, la grande porte privée de son pilier de pierre et de son linteau. — en forêt de Compiègne (d'après René Mouton, La forêt de Compiègne de A à Z)

Vers 1666, les bénédictins manquent de perdre le lieu au profit des jésuites de Compiègne.

Vers 1666, les jésuites de Compiègne convoitent la maison de Saint-Corneille et les religieux de l'abbaye manquent de s'en faire déposséder. Ils gardent la main — et prennent une précaution qui en dit long : quand ils louent ensuite le domaine à des particuliers, ils se réservent toujours une chambre basse et deux chambres hautes. Le fermier, lui, obtient le droit de faire paître ses bêtes dans la forêt. — en forêt de Compiègne (d'après René Mouton, La forêt de Compiègne de A à Z)

Un roi de France a écrit lui-même la description de cette forêt.

Louis XVI a rédigé une description de la forêt de Compiègne. Il y dénombre les villages et hameaux qu'elle abrite : ils sont dix, et Saint-Corneille-aux-Bois en fait partie. Le hameau a disparu depuis ; il n'en reste que la chapelle et la maison forestière. — en forêt de Compiègne (d'après René Mouton, La forêt de Compiègne de A à Z)

Connexions

François Ier
a transformé la chapelle en rendez-vous de vènerie royal en 1539
Alexandre Dumas
a composé son drame Caligula dans la maison forestière voisine en 1837

Infos pratiques

  • CommuneCompiègne, département de l'Oise (60)
  • Protectionclassé MH
  • Localisation📍 Position confirmée

Sources & pour aller plus loin

la-foret-de-compiegne.fr · passionné

Ce blog retrace la vie domaniale du site : chapelle bâtie en 1164 avec des pierres des carrières du Mont Saint-Marc et du Mont Collet, transformée en rendez-vous de vènerie par François Ier en 1539 (écuries, grange, murs de clôture), signalée très dégradée lors d'une visite de 1749, puis maison attenante restaurée en 1864 par Viollet-le-Duc pour devenir maison forestière. Il énumère aussi les locataires des 17e-18e siècles, dont le duc d'Aumont, capitaine des chasses.

eglisesdeloise.com · passionné

La notice attribue les chapiteaux conservés à la fin du 12e siècle et précise qu'au 16e siècle le cardinal Louis de Bourbon, abbé de Saint-Corneille, fit poser la charpente en carène armoriée qui remplaça la voûte d'ogives d'origine. Elle décrit un plan élémentaire : courte nef suivie d'une abside à cinq pans.

histoire-compiegne.com (Société historique de Compiègne) · passionné

La Société historique rappelle la fondation d'une chapellenie en 1164 au pied des Beaux-Monts pour accueillir pèlerins et voyageurs, sous la dépendance de l'abbaye Saint-Corneille, puis la location du domaine à la capitainerie des chasses en 1748. Elle rapporte le séjour de 1837 durant lequel Alexandre Dumas y composa son drame Caligula avec le peintre Louis Boulanger.

Sources & attribution

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