Clairière de l'Armistice — Compiègne
Le 8 novembre 1918, à dix heures du matin, le maréchal Foch reçoit la délégation allemande debout, sans un mot de politesse. Il lance : « Que désirent ces messieurs ? » — « Quelles sont vos propositions ? » demande Erzberger. « Je ne suis autorisé à les faire connaître que si vous demandez l'armistice. Le demandez-vous ? » — « Oui, nous le demandons. » Trois jours plus tard, à 5h15 du matin, on signe. Tout cela se passe dans une voiture-restaurant : la 2419 D.
C'est elle, le vrai personnage de la clairière. On la met sous abri, on vient la voir.
Le 21 juin 1940, des soldats la ressortent et la poussent jusqu'à l'emplacement exact qu'elle occupait ce matin-là. Hitler y accueille la délégation française et fait lire ses conditions ; elles sont signées le lendemain. Puis il donne l'ordre d'emporter le wagon en Allemagne et d'effacer la clairière. On dynamite le musée. On détruit le monument alsacien-lorrain, cet aigle allemand transpercé d'une épée. Une seule chose est épargnée, et protégée pendant l'explosion : la statue de Foch. On la laisse debout, seule, devant un pré vide.
Le wagon, lui, part à Berlin, puis en Thuringe. Il brûle en avril 1945, un mois avant la capitulation allemande. Accident, ou feu mis devant l'avance alliée : les sources ne s'accordent pas. Après la chute du Mur, on apprendra que des habitants avaient ramassé ce qui n'avait pas brûlé — le blason de la compagnie, des lettres, une poignée de montoir. Ils les ont rendus au mémorial.
Celui que l'on visite est son frère : la 2439 D, même série de 1913, aménagée à l'identique, quatre mètres de haut, vingt de long. On continue pourtant de l'appeler par le numéro du mort — jusque sur les pages du mémorial, qui présente comme pièce maîtresse la 2419 D. Aux fenêtres, des étiquettes indiquent la place de chaque signataire du 11 novembre. Les places sont exactes. Le wagon, non.
Anecdotes
Une tonne et demie de bronze gravée du mot « Paix » en cinquante-deux langues veille sur la clairière.
La sculpture de Clara Halter, « La Paix saluée », occupe le site depuis 1998 : une tonne et demie de bronze, gravée en lettres d'or de 52 traductions du mot Paix. Entre 2018 et 2019, le mémorial s'est agrandi de 500 m², et un jardin de la Paix inauguré en juillet 2019. — Oise Tourisme
Connexions
Galerie
Infos pratiques
- CommuneCompiègne, département de l'Oise (60)
- Protectionclassé MH
- Localisation📍 Position confirmée
Sources & pour aller plus loin
Le maréchal Foch, installé dans son wagon-bureau dès le 7 novembre 1918, y reçoit la délégation allemande à 2h15 du matin le 11 novembre ; l'armistice est signé à 5h15. Le mémorial actuel porte depuis 1998 la sculpture « La Paix saluée » de Clara Halter, une pièce de bronze d'une tonne et demie gravée de 52 traductions du mot Paix en lettres d'or.
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Entre 2018 et 2019, le mémorial a été agrandi de 500 m² pour améliorer la contextualisation historique du site (dispositifs numériques, accueil des scolaires) ; un jardin de la Paix a été inauguré en juillet 2019 dans le cadre de cette rénovation.
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Le wagon-salon original n°2419 D, construit en 1913-1914 par la Compagnie des Wagons-Lits, a été emmené en Allemagne après 1940 et détruit en avril 1945 dans un incendie accidentel à Crawinkel. Le wagon actuellement visible, le n°2439 D, appartient à la même série de 1913 et a été installé lors de l'inauguration du mémorial reconstruit en 1950.
Sources & attribution
- Base Mérimée (POP), ministère de la Culture — Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)
- musee-armistice-14-18.fr
- tourisme-en-hautsdefrance.com
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