Château & manoir · Compiègne (Oise)

Palais de Compiègne et ses abords

Ancien RégimeXIXe siècle📍 Position confirmée
Photo : © 2005 Idarvol · CC BY-SA 2.0 fr

Le 27 mars 1810, sous une pluie battante, deux hommes attendent sous le porche d'une église, à Courcelles-sur-Vesle. Le plus petit porte une simple redingote grise : c'est l'empereur des Français. Il n'a pas tenu. Sa femme arrive de Vienne ; il a laissé sa cour à Compiègne et il est parti à sa rencontre en voiture de poste.

Il ne l'a jamais vue. Ils sont mariés depuis deux semaines, par procuration : à Vienne, c'est Berthier qui a dit oui à sa place. Cinq jours plus tôt, à Strasbourg, un officier autrichien s'était incliné devant Marie-Louise au milieu des courtisans ; elle l'avait à peine remarqué. Il s'appelait Neipperg. C'est à lui qu'elle donnera son cœur, des années plus tard.

Le carrosse s'arrête pour changer de chevaux. Napoléon s'y engouffre, s'assoit face à une jeune femme en blanc coiffée de plumes d'ara et l'embrasse sur les deux joues. Elle a un mouvement de recul, puis comprend. « Sire, vous êtes bien mieux que sur vos portraits. » À Soissons, on avait tout préparé, la réception et les tables : l'impératrice devait y passer sa dernière nuit. On s'y arrête quelques minutes, le temps des compliments. Puis on repart.

À dix heures du soir, le canon annonce l'arrivée. Il l'emmène dans l'appartement qu'il a fait aménager pour elle en un mois, salle de bains comprise. Elle y retrouve son petit chien, son canari et une tapisserie inachevée qu'elle avait laissée dans sa chambre, à Vienne : on lui avait tout pris à la frontière, il a tout fait venir. Elle en pleure. Puis l'empereur va trouver son oncle, le cardinal Fesch. « Voyons, suis-je marié ? » — « Oui, Sire, selon la loi civile, mais peut-être pas tout à fait selon le droit canonique. » Cela lui suffit.

Vers minuit, la cour attend toujours le dîner dans la Grande Galerie. Un maître d'hôtel vient annoncer : « Leurs Majestés se sont retirées. »

On traverse encore cette galerie, et l'appartement préparé en un mois. C'est là qu'une jeune femme de dix-huit ans a retrouvé son chien et son canari, le soir où elle a rencontré son mari.

Anecdotes

Deux vases Médicis d'un mètre de haut disparaissent de l'entrée du parc en une nuit ; les socles sont restés.

Dans la nuit du 12 octobre 1999, deux vases Médicis en marbre blanc — un mètre de haut, cent kilos chacun — sont enlevés allée du Fleuriste, de chaque côté de l'entrée principale du parc. La notice de protection consigne le vol sans mentionner de restitution ; aucune source publique ne dit ce qu'ils sont devenus. — Base Mérimée

Connexions

Napoléon Ier
a rompu le protocole pour rejoindre et épouser Marie-Louise au palais, mars 1810
Marie-Louise d'Autriche
mariée par procuration à Napoléon, accueillie au palais en mars 1810
Ange-Jacques Gabriel
a conçu et bâti le palais à partir de 1751
Louis Le Dreux de la Chatre
a achevé la construction du palais en 1788
Impératrice Eugénie
a séjourné au palais et y organisait les Séries d'automne du Second Empire

Galerie

Infos pratiques

  • CommuneCompiègne, département de l'Oise (60)
  • Datation18e–19e siècle
  • Protectionclassé MH
  • Localisation📍 Position confirmée

Sources & pour aller plus loin

Société Historique de Compiègne · passionné

La société savante locale fait remonter le site à la villa mérovingienne où mourut Clotaire Ier en 561, avant le palais reconstruit par Charles le Chauve et l'emplacement actuel choisi par Charles V en 1364. Elle égrène les grands moments du lieu : réception de Marie-Antoinette en 1770, arrivée de Marie-Louise en 1810, mariage de la princesse Louise avec Léopold de Belgique en 1832, présence de Pasteur à une « Série » de Napoléon III en 1865, séjour du tsar Nicolas II en 1901, jusqu'au sommet Chirac-Poutine-Merkel de 2006.

Wikipédia · wikipedia

Reconstruit de 1751 à 1788 par Ange-Jacques Gabriel puis Le Dreux de La Châtre sur un plan triangulaire épousant un terrain difficile, le palais fut réaménagé dès 1807 sur ordre de Napoléon Ier, qui y rencontra Marie-Louise d'Autriche en 1810. Sous le Second Empire, il accueillait les fameuses « Séries » d'automne réunissant une centaine d'invités ; il servit de quartier général allemand en 1914-1918 et son classement au titre des monuments historiques date du 24 octobre 1994. Quatre musées y cohabitent aujourd'hui, dont le musée national de la Voiture.

Wikipédia · wikipedia

Résidence royale reconstruite de 1751 à 1788 par les architectes Ange-Jacques Gabriel et Louis Le Dreux de La Châtre, le palais adopte un plan triangulaire imposé par le terrain. Remanié à partir de 1807 en résidence impériale pour Napoléon, il est classé monument historique depuis le 24 octobre 1994. Il abrita le quartier général allemand de 1914 à 1918 et renferme aujourd'hui quatre musées, dont le musée national de la Voiture.

Sources & attribution

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