Vestiges du couvent des Jacobins et ancienne enceinte de la ville — Compiègne
Vers huit heures du soir, le 23 mai 1430, Jeanne d'Arc sort de Compiègne avec une poignée d'hommes et attaque le camp bourguignon. L'assaut échoue. Elle reflue vers le pont, au pied de la tour de l'enceinte, et se fait prendre à quelques pas de la porte. Il lui reste un an à vivre, presque jour pour jour.
Le capitaine de la ville s'appelle Guillaume de Flavy. Ce sont les habitants qui l'ont fait venir. Après la capture, il tient encore le siège six mois, jusqu'à ce que les Bourguignons lèvent le camp. Il faut attendre vingt-cinq ans pour qu'on ose la phrase : Flavy aurait fait refermer les portes trop tôt, exprès, pour couper la retraite. Aucun chroniqueur du temps ne l'écrit. Quicherat, puis Champion, puis Contamine démonteront la thèse. La légende, elle, n'a jamais lâché.
Le plus étrange, c'est qu'elle accuse un homme coupable de presque tout le reste. Flavy avait enfermé dans son propre château le père d'une riche héritière, jusqu'à ce que mort s'ensuive, puis épousé la fille et l'héritage : Blanche d'Overbreuc avait neuf ans. Il laissa plus tard mourir dans ce même château, au bout de huit mois de captivité, un maréchal de France. Blanche a grandi. Lassée des brutalités et des infidélités, elle l'a fait tuer, avec la complicité de son amant. Elle a regardé. Charles VII lui a signé sa grâce sans traîner : Flavy avait mauvaise réputation.
Du couvent des Jacobins, auquel cette tour était rattachée, il ne reste que des soubassements et quelques arcades de cloître, posées seules dans l'herbe d'un parc au bord de l'Oise. La tour, elle, porte toujours le nom de la prisonnière. Jamais celui du capitaine.
Anecdotes
Quand on a rasé le couvent, deux morts seulement ont été sauvés.
Le couvent des Jacobins est détruit à la fin du XVIIIe siècle ; sa chapelle cède la place à une maison d'habitation au début du XIXe. De tout le mobilier funéraire de cette église conventuelle, deux monuments seulement passent au travers : celui de Jeanne de Hangest et celui du maréchal d'Humières. Ils sont classés nommément en 1931, au même titre que les fragments de courtine et les arcades du cloître, et les Archives nationales conservent pour eux un dossier de protection distinct (cote F/2001/16/21-109). — Commission des Monuments historiques, procès-verbaux de 1931 (École nationale des chartes)
Connexions
Infos pratiques
- CommuneCompiègne, département de l'Oise (60)
- Protectionclassé MH partiellement;inscrit MH partiellement;protection totale
- Localisation📍 Position confirmée
Sources & pour aller plus loin
L'article situe précisément les arcades isolées du cloître au parc Songeons, parallèlement à l'Oise et face au musée Antoine Vivenel, et date la fondation du couvent de 1257 par saint Louis — une précision absente de la notice Mérimée consultée.
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Cette fiche photo confirme la localisation des arcades face au musée Antoine Vivenel et reprend la datation de fondation de l'abbaye en 1257 par saint Louis, avec un cliché credité aux contributeurs « Pilou et Marino ».
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Les procès-verbaux numérisés de la Commission des Monuments historiques de 1931 (École nationale des chartes) montrent que le classement des vestiges du couvent des Jacobins portait spécifiquement sur deux tombeaux : celui du maréchal d'Humières et celui de Jeanne de Hangest, distincts du reste de l'ancienne enceinte classée séparément.
Les Archives nationales conservent un dossier de protection (cote F/2001/16/21-109, période 1931) consacré aux monuments funéraires du maréchal d'Humières et de Jeanne de Hangest au sein du couvent des Jacobins, preuve d'un suivi administratif dédié à ces deux tombeaux.
Sources & attribution
- Base Mérimée (POP), ministère de la Culture — Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)
- Wikipédia
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