Eglise Saint-Aubin — Guignecourt
En 1906, l'État classe les vitraux de Guignecourt. L'église qui les tient, il ne la classera que cent six ans plus tard — le 10 décembre, comme les verrières.
Elles valaient cette impatience. Elles sortent des ateliers beauvaisiens des Le Prince, la dynastie de maîtres verriers à qui l'on doit l'Arbre de Jessé de Saint-Étienne de Beauvais ; Nicolas Leprince signe ici une verrière où se tiennent saint Jean-Baptiste, saint Eustache, saint Gervais et saint Christophe. Dans un village. La mairie dit sans détour que la qualité y est celle de Saint-Étienne, et elle a raison de le dire.
Qui a payé ? Le chapitre cathédral de Beauvais, dont l'église dépendait et qui tenait les terres alentour. Sortez, regardez au sud : la grange dîmière est toujours debout, sa charpente montée en 1492 d'après la dendrochronologie. C'est là que les paysans de Guignecourt apportaient le dixième de leurs récoltes. Le chœur flamboyant, les verrières, les saints de bois peint : le village a payé son propre décor, grain par grain.
Le clocher, lui, est resté en charpente. C'est le seul morceau que l'argent du chapitre n'a pas refait.
On a donc protégé cette église par morceaux, en commençant par ce qu'elle contenait. Poussez la porte : ce que l'État a jugé digne d'être sauvé en premier est toujours au-dessus de vous.
Anecdotes
Saint Aubin en bois peint, classé six ans après les vitraux
Le 5 novembre 1912, l'administration classe comme objet mobilier la statue en bois de saint Aubin — six ans après les vitraux, un siècle avant l'église elle-même. Elle appartient à un ensemble de statues de bois polychrome des XVIe et XVIIe siècles conservées dans l'édifice. — Base Mérimée — notice PA60000007
Connexions
Infos pratiques
- CommuneGuignecourt, département de l'Oise (60)
- Protectionclassé MH
- Localisation📍 Position confirmée
Sources & pour aller plus loin
La mairie précise que les vitraux du XVIe siècle proviennent des ateliers des Le Prince, « les grands maîtres-verriers beauvaisiens », et que leur qualité est comparable à celle de l'église Saint-Étienne de Beauvais — un rapprochement qui valorise le patrimoine local au-delà de la simple notice technique.
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Le site détaille les deux campagnes de construction : la nef romane du XIe siècle aux murs gouttereaux percés de baies en plein cintre, puis le chœur et le transept gothique tardif du second quart du XVIe siècle financés par le riche chapitre de la cathédrale de Beauvais. Il précise que l'église n'a été classée monument historique qu'en 2012, un classement tardif au regard de la qualité de l'édifice.
Lire sur eglisesdeloise.com · 3 photos © Dominique Vermand, vue du chevet 2016 — lien seulement
Sources & attribution
- Base Mérimée (POP), ministère de la Culture — Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)
- POP — ministère de la Culture
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