Eglise Saint-Denis — Hodenc-en-Bray
Sur une dalle du chœur d'Hodenc-en-Bray, un homme et une femme sont gravés côte à côte, sous une arcade de pierre. Lui, c'est Gaspard de Montceaux, seigneur du lieu, mort le 23 juillet 1637 à soixante-quinze ans. Sa ligne est complète, jusqu'au dernier titre. Celle de sa femme, Jacqueline d'O, s'arrête sur un blanc. On avait réservé la place de son âge. Personne n'est revenu la remplir.
La pierre avait été taillée à la mort du mari. On y a figuré l'épouse vivante, à côté de lui, en attendant son tour. L'attente dure toujours.
Ce n'est pourtant pas l'argent qui manquait ici. Les Montceaux en avaient, et le faisaient voir : Jean II de Montceaux, gouverneur d'Artois, trésorier général de Picardie et maître d'hôtel de Louis XI, achète les terres d'Hodenc à Marguerite Brulart en 1481. Sa famille offre ensuite au village un chœur flamboyant sans commune mesure avec lui — voûtes à liernes et tiercerons, clefs pendantes, et leurs armes sculptées sur les clefs de voûte —, posé contre une nef de moellons montée à l'économie pendant la guerre de Cent Ans, sans voûtes ni bas-côtés. Ils ont payé le chœur, puis se sont fait enterrer dessous.
Les autres dalles se lisent jusqu'au dernier mot. Celle de leur fils Louis, mort à dix-sept ans : tout y est. Celle de la mère, non. La pierre ne dira jamais quand Jacqueline d'O s'est éteinte. Le blanc, lui, est toujours là, sous vos pieds.
Anecdotes
Le charpentier du village a signé son travail, et il a précisé qu'il était d'ici.
L'un des poinçons de la charpente porte une inscription taillée dans le bois : « Jehan Legendre de céans, Me Charpent, 1577 ». Trois mots suffisent à tout dire du bonhomme : « de céans », c'est-à-dire d'ici, du village. L'historien Louis Graves en a déduit la date de la charpente. Il faut lever la tête pour le lire : la nef est couverte d'un lambris en forme de carène renversée, à huit entraits et poinçons. — Wikipédia
Une partie des vitraux de l'église a passé des décennies dans des caisses, à cent kilomètres de là.
Les verrières du chœur sont classées depuis 1912. Cela ne les a pas protégées : à la fin des années 1970, il ne restait plus que le tympan de la baie orientale de la chapelle sud, et le vitrail d'axe — une Crucifixion entre deux larrons — menaçait de tomber. Une partie des panneaux, elle, dormait dans des caisses entreposées à Champs-sur-Marne, sans doute depuis la guerre. — Wikipédia
Connexions
Infos pratiques
- CommuneHodenc-en-Bray, département de l'Oise (60)
- Datation16e siècle
- Protectionclassé MH
- Localisation📍 Position confirmée
Sources & pour aller plus loin
L'article date la nef du milieu du 14e siècle, construite à l'économie — sans voûtes ni bas-côtés — en pleine guerre de Cent Ans, et le chœur flamboyant du premier quart du 16e siècle sous l'impulsion de la famille de Montceaux, seigneurs du lieu à partir de 1481. Un poinçon de la charpente porte l'inscription « Jehan Legendre de céans, Me Charpent, 1577 » et les fonts baptismaux remontent au 11e siècle, indice d'un sanctuaire bien antérieur.
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La notice oppose les moellons de grès de la nef au bel appareil calcaire du chœur, qu'elle classe parmi les œuvres majeures du gothique flamboyant de l'ouest de l'Oise : travée droite, abside à cinq pans, chapelles flanquantes et voûtes ornées de clefs pendantes. La réfection de la charpente de 1577 y est liée au chantier du clocher.
Lire sur eglisesdeloise.com · 1 photo © Dominique Vermand (rosace, contreforts, vitrail de la Passion, fonts baptismaux) — bien plus riche que Commons
Sources & attribution
- Base Mérimée (POP), ministère de la Culture — Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)
- Wikipédia
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