Eglise Saint-Michel — Le Mesnil-en-Thelle
En juin 1940, les obus ouvrent la nef de l'église Saint-Michel pendant les combats sur l'Oise. La même guerre y dépose un cadeau que personne n'a demandé.
Des soldats allemands arrivent au Mesnil-en-Thelle avec un tableau. Ils l'avaient volé plus au nord ; où exactement, on ne l'a jamais su. Ils le laissent là et repartent. On pille, en campagne — on ne dépose pas. Celui-là, ils ne l'ont pas emporté.
La toile montre Véronique essuyant le visage du Christ : le linge qui garde une empreinte, l'objet qui retient une identité. Elle est arrivée ici sans la sienne. Pas de propriétaire, pas de paroisse d'origine, pas de nom — rien qu'une peinture posée par des hommes pressés dans une église qu'ils venaient de bombarder.
Elle n'est jamais repartie. On l'a accrochée au-dessus de la porte occidentale, et l'entrée de cette façade est condamnée : on pénètre dans l'église par le portail nord. Le tableau surveille donc une porte que plus personne ne franchit. Dans le bas-côté sud, la statue de Notre-Dame du Mesnil monte la garde depuis cinq siècles, et un morceau de sculpture très ouvragé, ramassé pendant les travaux d'après-guerre, repose à même le sol de la troisième travée. Deux objets qui savent d'où ils viennent, et un troisième qui l'ignore.
Anecdotes
Un homme a fait vœu de bâtir une chapelle pour sauver les vignes ; son visage est peut-être sculpté sur un pilier.
Selon la notice de Jacques et Roger Ouvrard publiée par la commune, une maladie ravageait autrefois les vignobles de la région. Jehan de Belmont fait alors vœu d'élever une chapelle à saint Vincent, patron des vignerons, pour la voir cesser. Un incendie a détruit la chapelle et elle n'a jamais été remplacée ; il en subsisterait des points d'appui encastrés dans le mur du chevet. Sur les chapiteaux voisins, des grappes de raisin écussonnées voisinent avec des animaux et deux médaillons à figure humaine. L'un des deux est peut-être le sien. On ne saura pas lequel. — Mairie du Mesnil-en-Thelle (notice de Jacques et Roger Ouvrard)
Le coq du clocher a cinq cents ans, et tout le village l'a caressé le même jour.
Début septembre 2004, le coq du clocher est descendu de son perchoir pour la restauration de la tour. Il a cinq cents ans et n'avait jamais touché terre. Le 18 septembre, à la fête annuelle du village, on l'expose : les Mesnilois défilent et beaucoup le caressent, par superstition, dans l'espoir de voir leurs vœux exaucés. Il est remonté en juin 2005. — Mairie du Mesnil-en-Thelle
Infos pratiques
- CommuneLe Mesnil-en-Thelle, département de l'Oise (60)
- Protectionclassé MH
- Localisation📍 Position confirmée
Sources & pour aller plus loin
La notice décrit un édifice homogène de la fin du 15e siècle, d'un flamboyant sobre : nef de cinq travées à voûtes à liernes et tiercerons, bas-côté nord plus large portant le clocher, frises sculptées de flore, vignes, animaux et figures humaines. Elle signale un chapiteau roman du 12e siècle à tête humaine remployé dans le bas-côté sud et des contreforts de clocher au décor flamboyant resté inachevé.
Lire sur eglisesdeloise.com · 1 photo © Dominique Vermand (extérieurs, voûtes, base du clocher, détails sculptés)
L'article précise que l'église, reconstruite à partir de 1500 après les destructions de la guerre de Cent Ans avec des reprises d'un édifice roman du 12e siècle, fut lourdement endommagée par des obus en juin 1940. Elle a été restaurée au titre des dommages de guerre durant la seconde moitié du 20e siècle et classée monument historique le 28 juillet 1966.
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L'église, construite au XVe siècle sous Charles de la Rivière, fut endommagée en juin 1940 lors des combats sur l'Oise puis restaurée. Un tableau représentant Véronique essuyant le visage du Christ, volé plus au nord par des soldats allemands, fut abandonné dans l'édifice pendant la guerre ; en 2004, le coq du clocher, âgé de 500 ans, a été démonté pour restauration avant de reprendre sa place en 2005.
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Fiche archéologique détaillant le style gothique flamboyant de l'édifice, dont la dissymétrie vient d'une toiture sud remontant jusqu'à la base du clocher ; certains éléments intérieurs suggéreraient une église romane antérieure du XIIe siècle, avec une possible chapelle Saint-Vincent, patron des vignerons. La face sud et le chevet portent des graffitis anciens (croix, calvaires, dates, étoiles à cinq branches), un motif rare.
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Sources & attribution
- Base Mérimée (POP), ministère de la Culture — Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)
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