Ancienne commanderie des Templiers — Neuilly-sous-Clermont
En 1961, Jean et Mady Ariès achètent une maison au milieu de la grande rue de Neuilly. C'est une commanderie de Templiers, et des siècles de vie ordinaire l'ont découpée : la chapelle a été transformée en habitation, sa crypte a servi d'écurie, une cheminée est venue se plaquer contre le mur du fond. Deux ans plus tard, Mady Ariès entre au musée de l'Île-de-France, dont elle deviendra conservatrice en chef. Son métier sera de conserver.
Contre le pignon est de la chapelle, qui est du XIVe siècle, un archéologue décrivait en 1904 une scène entière peinte sur le mur : une Vierge d'un mètre cinquante, robe bleu cobalt, manteau vermillon bordé d'une rangée de points blancs, un ange de chaque côté, pieds nus, celui de gauche haut d'un mètre dix. La scène s'appelle la Bénédiction de la Vierge ; elle ne figurait alors dans aucun recueil français de peintures murales. Une cheminée avait été bâtie en travers : du Seigneur qui bénit, elle ne laissait voir que la main. Depuis, personne ne l'a resignalée ; la chapelle conserve des vestiges de peintures médiévales.
Les Templiers n'avaient pas bâti une forteresse ici. Raoul, comte de Clermont, leur donne le village en 1168 — l'acte de donation existe toujours, protégé au même titre que les pierres — et ils en font une exploitation : des terres, des vergers, des vignes, un enclos. Le mur de cet enclos ferme encore tout le nord de Neuilly. Sur le plan, il fait un décrochement qui ne sert à rien quand on clôt un verger, et deux petites parcelles carrées s'y accrochent, seules à ne pas être en longueur. On y a vu des fortins. Personne ne l'a jamais prouvé.
Les Ariès ont restauré, patiemment, et ils ont tenu la commanderie plus de soixante ans. Dans l'enclos qui avait servi à nourrir un ordre militaire, ils ont planté un jardin qui ne nourrit personne : il porte leur nom, et il est inscrit au pré-inventaire des jardins remarquables. Mady Ariès est morte en 2023, à quatre-vingt-dix-sept ans. Le mur, lui, n'a pas bougé. Allez le voir fermer le nord du village : ce qu'il enferme aujourd'hui ne se mange pas.
Anecdotes
Un écusson de 1645 posé bien après le mur, au nom d'un chevalier de Malte
Au-dessus de la porte de l'escalier du logis, un écusson porte une croix de Malte, la date de 1645 et l'inscription « FS. de BERTAUCOUR ». Selon l'étude d'archéologie reproduite par templiers.net, sa date prouve qu'il a été encastré dans le mur après la construction du bâtiment. La liste des frères chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem publiée par l'abbé de Vertot mentionne un Pierre de Bertaucourt en 1566 et un François de Bertacourt en 1587, tous deux du diocèse de Beauvais. — templiers.net — étude sur la commanderie de Neuilly-sous-Clermont
Sur la porte de la chapelle, une phrase du Cantique des Cantiques
La porte sud de la chapelle porte, gravée en creux sur ses claveaux, une phrase latine : SI TE IGNORAS EGREDERE ET ABI POST ÆDOS TUOS. Toujours selon l'étude reproduite par templiers.net, elle est tirée du Cantique des Cantiques et l'abbé Muller la traduisait ainsi : « Si tu ignores ta beauté, sors et va à la suite de tes chevreaux. » — templiers.net — étude sur la commanderie de Neuilly-sous-Clermont
Connexions
Infos pratiques
- CommuneNeuilly-sous-Clermont, département de l'Oise (60)
- Protectionclassé MH;inscrit MH partiellement;protection totale
- Localisation📍 Position confirmée
Sources & pour aller plus loin
L'article précise la chronologie de protection : classement au titre des monuments historiques dès 1913, puis inscription complémentaire en 2013. Il détaille que Jean et Maddy Ariès, propriétaires depuis 1961, ont créé les jardins à la française remarquables entre 1980 et leur achèvement, et que la chapelle templière du XIVe siècle conserve des vestiges de peintures murales médiévales.
Ce site spécialisé dans l'ordre du Temple révèle qu'un écusson daté de 1645 porte le nom « FS. de BERTAUCOUR » et que les registres du XIVe siècle mentionnent Pierre de Bertaucourt (1566) et François de Bertacourt (1587), chevaliers du diocèse de Beauvais. Il signale surtout une fresque murale représentant la Bénédiction de la Vierge, découverte lors d'une étude de 1904 et jamais signalée auparavant dans les recueils français de peintures murales.
Le site précise que la façade côté cour évoque celles des châteaux de Villers-Cotterêts ou d'Écouen, et détaille la présence de celliers médiévaux voûtés sous le bâtiment Renaissance. Il signale que les jardins, créés et agrandis depuis 1961, ont été primés par le ministère de la Culture.
Sources & attribution
- Base Mérimée (POP), ministère de la Culture — Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)
- Wikipédia
- web.archive.org
- neuillysousclermont.fr
- intramuros.org
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