Hôtel de ville — Noyon
Les obus n'ont pas suffi. Il aura fallu aussi le conseil municipal de Noyon pour que l'hôtel de ville perde son titre de monument historique.
En 1918, la toiture s'effondre et les combles brûlent. Dès l'année suivante, l'architecte des Monuments historiques André Collin vient consolider les ruines. On reconstruit, on refait la charpente en béton, on sauve le décor flamboyant de la façade sur la place.
Puis vient 1924. La ville veut agrandir sa place et bâtir un ensemble administratif d'un seul tenant ; deux vieilles maisons appuyées contre l'hôtel de ville sont sur le chemin. Prévenu, l'État les inscrit en urgence à l'inventaire des Monuments historiques, uniquement pour empêcher qu'on y touche. Noyon les abat quand même.
La sanction tombe en 1935 : le classement obtenu sous Napoléon III est annulé. Les deux administrations ne racontent pas tout à fait la même histoire. Pour le Pays d'art et d'histoire, c'est ce bras de fer qui a coûté son titre au bâtiment. La notice des Monuments historiques, elle, met l'incendie en premier et n'ajoute la démolition qu'ensuite. Sur le résultat, aucun désaccord : l'édifice qui venait de survivre à la guerre cesse officiellement d'être un monument. Il faudra attendre soixante-neuf ans pour qu'il le redevienne.
Sur la façade sauvée, la frise court toujours : faisans, lapins, chiens, sangliers, et des bêtes qui n'existent pas — sirènes, diables, dragons. Au-dessus, neuf niches, vides. Elles devaient sans doute recevoir les neuf Preux : Hector, Alexandre, César, Josué, David, Judas Maccabée, Arthur, Charlemagne, Godefroi de Bouillon. Sans doute seulement — personne ne peut dire ce qu'il y a eu là, ni si on y a jamais mis quoi que ce soit. Il manque toujours quelque chose à ce bâtiment.
Anecdotes
Sept toiles peintes sous l'Occupation racontent les grandes heures de Noyon dans la salle du Conseil.
Sept toiles marouflées, exécutées en 1942 et 1943 par trois peintres — Largeteau, Hoffmann et Beaupuy —, occupent la salle du Conseil municipal : elles figurent les grandes heures de l'histoire noyonnaise. L'extension du bâtiment abrite par ailleurs quatre bas-reliefs du sculpteur Émile Pinchon, rapportés de l'Exposition coloniale de 1931. — Base Mérimée
Connexions
Galerie
Infos pratiques
- CommuneNoyon, département de l'Oise (60)
- Protectionclassé MH partiellement
- Localisation📍 Position confirmée
Sources & pour aller plus loin
La charte communale accordée en 1108 par l'évêque Baudry a permis aux bourgeois de Noyon de bâtir des équipements collectifs (halles, prison, salles administratives) à l'origine de l'hôtel de ville actuel. La façade flamboyante de la fin du 15e siècle porte un décor foisonnant de faisans, lapins, sangliers et créatures fantastiques, et son premier étage compte neuf niches vraisemblablement destinées à accueillir les statues des neuf preux.
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Une première maison de ville est mentionnée dès 1292 ; l'édifice actuel est reconstruit de 1485 à 1520 sous la direction de l'architecte Matthieu Réaulme, puis rénové en 1689 par Pierre Binard dans un esprit classique. Après les dommages de 1918, la charpente du corps XVIe a été refaite en béton et deux bâtiments annexes ont été démolis en 1935 ; le monument, déclassé puis reclassé, l'est de nouveau au titre des monuments historiques en 2004.
Sources & attribution
- Base Mérimée (POP), ministère de la Culture — Licence Ouverte / Open Licence (Etalab)
- Villes et Pays d'art et d'histoire
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