Architecture civile & urbaine · Noyon (Oise)

Maisons canoniales — Noyon

Moyen ÂgeAncien Régime📍 Position confirmée
Photo : Daniel Villafruela. · CC BY-SA 3.0

On ne sait plus qui était Jean Bûche. Un homme de Noyon, en 1222, et rien de plus : pas de métier, pas de délit nommé, pas de visage. On sait seulement que, pour lui, la ville entière s'est levée.

L'évêque avait tranché : Bûche relèverait de la justice du chapitre, celle des chanoines, et non de celle de la commune. Les bourgeois refusent. L'official, posté devant le portail de la cathédrale, est bousculé et ses habits déchirés. Pendant l'office, la foule enfonce les portes, entre dans l'église et frappe le doyen du chapitre. La nuit venue, des pierres pleuvent sur les portes de Notre-Dame.

Alors les chanoines rentrent chez eux et n'en sortent plus. Ces maisons-là sont celles que l'on longe place du Parvis. Ils les avaient fait bâtir en cercles autour du palais épiscopal, sur des parcelles à cheval sur la vieille enceinte. Insultés jusque dans la rue, ils restent derrière leurs portes.

Il faudra l'archevêque de Reims, venu avec les évêques de Senlis et de Beauvais, pour ramener l'ordre. Le 25 mai 1223, la commune paie : cent cinquante livres d'amende.

Du premier âge de ces demeures il ne reste presque rien : la ville a brûlé en 1552 et les chanoines ont rebâti. Sous les façades classiques, des caves voûtées d'ogives tiennent toujours. Et l'on ignore encore ce que Jean Bûche avait fait.

Anecdotes

Un érudit soutient que la salle capitulaire du cloître n'en a jamais été une.

Dans le Bulletin Monumental de 2008, S. Pawlak conteste l'identification du bâtiment ouest du cloître, traditionnellement tenu pour la salle capitulaire : plusieurs indices, selon lui, désignent plutôt un ancien réfectoire. Il avance aussi que le mur de refend en plâtre qui divise la salle, généralement daté du XVIIIe siècle, remonte peut-être au XIIIe siècle, à l'achèvement même de la construction. — Bulletin Monumental (S. Pawlak, 2008)

Connexions

Chapitre cathédral de Noyon
a fait bâtir les maisons canoniales à partir du XIIe siècle, en rayonnant autour du palais épiscopal

Infos pratiques

  • CommuneNoyon, département de l'Oise (60)
  • Protectionclassé MH;inscrit MH partiellement;protection partielle
  • Localisation📍 Position confirmée

Sources & pour aller plus loin

Inventaire général du patrimoine culturel - Région Hauts-de-France · institutionnel

Des bâtiments réservés aux chanoines existaient déjà à l'époque carolingienne au nord de la cathédrale ; le cloître, le réfectoire et la salle capitulaire actuels datent du troisième quart du 13e siècle, et la bibliothèque a été édifiée en 1506. Les galeries nord et est du cloître ont disparu en 1811, et le réfectoire a été restauré par l'architecte Verdier entre 1858 et 1859 ; en 1789, le chapitre possédait plus de quarante maisons canoniales.

Persée — Bulletin Monumental (S. Pawlak, 2008) · autre

Cet article d'érudition remet en question l'identification traditionnelle du bâtiment ouest du cloître comme salle capitulaire, avançant plusieurs indices en faveur d'un ancien réfectoire. Il propose aussi que la division de la salle par un mur de refend en plâtre, généralement datée du 18e siècle, pourrait en réalité remonter à l'achèvement même de la construction au 13e siècle.

Inventaire général du patrimoine culturel - Région Hauts-de-France · institutionnel

Une étude de 304 demeures antérieures à 1914 (sur environ 4000 bâtiments) montre que les maisons de chanoines se concentrent place du Parvis et rue Corbault, tandis que les hôtels particuliers bordent les grands axes ; l'incendie de 1552 explique la rareté des constructions antérieures à 1650, mais des caves médiévales à voûtes d'ogives du 13e siècle subsistent souvent sous les bâtiments plus récents.

Sources & attribution

Une correction, une photo, une anecdote sur cette trace ?

Contribuer